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03.04.2007
Les mauvais comptes de François Bayrou
François Bayrou, dont on ne peut contester ni l’opiniâtreté, ni le courage, est prisonnier du centre. Prisonnier de sa stratégie du « ni-ni », qui était, il est vrai, sa seule manière d’exister dans cette campagne électorale, François Bayrou n’en finit plus d’accumuler les contradictions et les exemples erronés, afin de convaincre de la justesse et du réalisme de sa démarche. L’impossibilité de son projet n’en apparaît que plus nettement.
Quelques exemples suffisent à le démontrer.
Faire du neuf avec du vieux
Peu surpris et encore moins contrarié du soutien apporté par Gilles de Robien (UDF) à Nicolas Sarkozy – il est vrai que Robien et Bayrou sont à couteaux tirés depuis cinq ans – il soutient « qu’on ne peut faire du neuf avec du vieux » et qu’il faut de nouvelles têtes. Le même Bayrou, en même temps, fait les yeux doux à Jean-Louis Borloo et Dominique Strauss-Kahn, avoue son admiration pour Michel Rocard en clamant que son premier ministre idéal serait un « Jacques Delors en plus jeune ». Que des nouvelles têtes…
La majorité introuvable
L’UDF est une petite formation politique, et on se pose souvent la question de l’aspect de la majorité que devra obtenir François Bayrou aux législatives suivantes. On rentre là dans l’espace sidéral. Avec :
- ses trous noirs (« je gouvernerai avec des gens de bonne volonté qui se retrouveront sur mon projet, de droite comme de gauche ». Vive les vérités vraies !)
- son big-bang (la fameuse explosion du paysage politique dès le premier tour)
- ses déplacements dans le temps (« en 2002, Jacques Chirac, avec 19% des voix au premier tour, a réussi ! »)
- ses voyages interstellaires à la vitesse de lumière (la création d’un « grand Parti démocrate »… en moins d’un mois ?!?).
Bref, des plans sur la comète, mais rien de réaliste, de concret, de clair. On voit mal les actuels partisans de Nicolas Sarkozy lui tourner le dos au lendemain du premier ou du second tour et se réfugier sous l’aile protectrice de François Bayrou. Les soutiens à Ségolène Royal au sein du Parti socialiste sont nettement plus fragiles mais si François Bayrou veut s’appuyer sur eux, il faudra que l’aide droite du Parti socialiste assume une rupture définitive avec les gauchistes. Ce que le PS s’est toujours refusé à faire, trop heureux de trouver dans la ligne claire et sectaire de l’extrême gauche de quoi combler son vide idéologique absolu.
Le déséquilibre permanent
Reste enfin la question du rapport droite-gauche, qui existe dans toutes les démocraties du monde et que François Bayrou s’obstine à voir dépassé. On pourrait multiplier les raisonnements historiques démontrant qu’en France, jamais un vrai centre n’a pu émerger et que les moments de coalition gouvernementale n’ont guère fait avancer le pays (notamment sous la IVème République). Niant totalement les exemples américain et britannique, où l’équilibre de la démocratie repose précisément sur un clair rapport droite-gauche, François Bayrou utilise à satiété l’exemple allemand où une coalition droite-gauche dirige le pays depuis l’automne 2005. Mauvais exemple. L’histoire de la démocratie allemande depuis 1949 a toujours été basée sur le compromis, les coalitions et les différences entre les deux tendances n’ont rien de comparables avec la France. Au demeurant, le SPD, parti social-démocrate, la gauche allemande, comme la CDU – le grand parti de droite chrétien-démocrate - ont mené ces dernières années des réformes qui paraîtraient « ultra-libérales » en France ; pour un François Bayrou autoproclamé rempart contre le vilain grand patronat, cela sonne faux. Enfin, l’efficacité de cette coalition reste à démontrer ; si Angela Merkel a remporté des succès indéniables en politique étrangère (domaine souvent consensuel pour les grandes tendances politiques), l’immobilisme et la lenteur l’emportent en politique intérieure. Et les Allemands ne sont pas satisfaits du gouvernement de coalition.
L’extrême centre après l’extrême droite
Certains, plus féroces, voient dans les phrases éternellement à double sens de François Bayrou, un exemple flagrant de ce qu’on appelle la démagogie. il est vrai qu’au nom du rassemblement, François Bayrou devient le candidat de « l’extrême centre » et de ses formules : « je suis le candidat anti-système », « Compère et Commère», « le président du peuple », etc.
Vouloir rassembler, ce n’est pas vouloir plaire à tous et à tout prix. Une fois de plus, François Bayrou a attaqué Nicolas Sarkozy après les incidents de la gare du Nord du mardi 27 mars et s’est empêtré dans ses contradictions en mélangeant tout. Dixit : "Nous ne pourrons résoudre nos problèmes que s'il y a des dirigeants assez sages pour montrer que le destin qui est le nôtre, c'est qu'on accepte les différences [celle de ne pas payer son billet de train pour certaines personnes !???] et qu'en même temps on exige de la fermeté". François Bayrou a perdu une bonne occasion de se taire... et de rassembler. Le simple respect de la loi et la nécessité de l’ordre pour faire avancer une démocratie sont des sujets qui ne méritent aucune ambiguïté.
Sébastien B
15:30 Publié dans National | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Commentaires
Voilà bien des arguments politiciens traditionnels...
Certes le clivage droite-gauche existe et il a son utilité, mais je crois qu'il en est arrivé en France à des excès : alternance systématique, opposition pas constructive, France coupée en deux... L'idée de coalition prônée par FB et souhaitée par de nombreux français permettrait de sortir de la crise lattente actuelle.
Et sinon, sur le fond?
http://bayrou-beauvais.hautetfort.com/
Ecrit par : Cédric | 07.04.2007
Sur le fond, on attend toujours les positions et les solutions prônées par François Bayrou. Un exemple très simple : hier, dans "Dimanche +", FB n'a parlé que de forme : explosion, remaniement, coalition, rassemblement... mais on ne connaît toujours pas la direction qui sera prise ensuite. Aucune ligne forte et claire.
Je connais beaucoup de personnes décidées à voter Bayrou parce qu'ils y voient le meilleur moyen de tout garder, conserver, préserver, bloquer... ce n'est pas un hasard si des enseignants se réfugient aujourd'hui dans le vote Bayrou. La meilleure façon de ne rien faire changer, c'est bien de mettre gauche et droite ensemble ! Le compromis mou.
Quand à "l'excès" du clivage gauche-droite, il résulte bien davantage de la versatilité des Français que de manoeuvres politiciennes. La "crise latente" n'est-elle pas plus le résultat de la timidité des politiques, gauche et droite, à appliquer la politique pour laquelle ils ont été élu ? Et "la France coupée en deux", il faut me la montrer. C'est le genre de sophisme qui marche bien en période électorale, où il est logique que les tensions s'exacerbent entre deux camps. Mais c'est aussi ce qu'on disait en 1981 et, à ma connaissance, il n'y a pas eu de guerre civile ensuite.
Ecrit par : Sébastien | 09.04.2007
Bayrou, je n'ai jamais rien entendu autre chose que : "ça peut pas continuer comme ça". Il est pas le premier à parler de la rupture, il propose quelque chose de bizarre et de pas très convaincant.
Et puis, je ne sais pas ce que Sarkozy lui a fait mais il passe son temps à le casser, alors qu'il ne dit quasiment rien sur Ségolène Royal. Apparemment, il veut pencher côté gauche plutôt que côté droit.
Je ne l'ai pas trouvé très malin après les émeutes de la gare du Nord. En profiter pour casser Sarko, ce n'est pas proposer une solution.
Ecrit par : Clément | 09.04.2007
Ce n'est pas parce qu'il n'en parle pas sur Dimanche+ que Bayrou n'a pas de projet sur le fond ! (il est très facile de trouver son programme sur internet : http://www.bayrou.fr/programme/programme_fbayrou_election_presidentielle.pdf )
Seulement, il ne fait pas de propositions "choc" comme le CPC ou le ministère de l'identité nationale, qui sont pour moi essentiellement des trouvailles de communication, en partie improvisées.
Désolé pour eux, mais ceux qui votent Bayrou en espérant l'immobilisme se trompent. Ces dernières années, ce sont l'alternance et l'opposition systématiques qui ont abouti à un blocage des grandes réformes (retraites, dette, financement de la sécurité sociale, institutons, éducation, justice...).
En Allemagne en 18 mois, le gouvernement de coalition SPD-CSU (2 grands partis qui pratiquaient eux-aussi l'alternance) dirigé par Angela Merkel a réussi à relever la croissance annuelle de 1,5 à 3%, et à réduire considérablement la dette nationale.
Ecrit par : Cédric | 10.04.2007
Les mauvais comptes de François Bayrou et l'excellent bilan de Nicolas Sarkozy
http://www.dailymotion.com/video/x1h4w8_bilan-de-5-ans-de-sarkozy
Ecrit par : Tous avec Sarko | 12.04.2007
Avec François Bayrou Impossible de gouverner ? ha bon ? Alors lisez ceci :
Le CPE à été votée et dévotée par l'assemblée Nationale après la mobilisation des jeunes dans la rue.
C'est justement par ce que vous votez des lois sans négiciation que nos concitoyens vont changer çà le 22 Avril.
Il est préférable oui d'avoir une assemblée représentative de tous le courants politiques par ce que le débat aura lieu et qu'une loi qui sortira de l'assemblée Nationale sera accéptée par le plus grand nombre puisque établie par les réprésentants de tous les français.
Il y à d'émminantes personnalités de l'UDF et d'ailleurs capables de travailler ensemble dans un gouvernement pour proposer des réformes structurales indispensables et soyez sur qu'il y en aura plus, que de place disponibles.
Je rappelle ici que notre ex ministre de la santé était assureur pas étonnat que l'ump évoque une franchise en matière de santé, par contre notre ministre des affaires étrangères est cardiologue de formation! Cherchez l'erreur !
François Bayrou n'aura sans doute aucun mal à faire mieux !
J'aimerais qu'au sein de l'UMP, les responsables politiques soient un peu plus courageux et dénoncent les dérapages de leur leeder !
Les leçons du passé n'ont rien changés ! enfin si j'ai quitté l'UMP pour rejoindre un parti plus tolérant !
Rendez vous - le 6 Mai !
Merci de votre attention.
Ecrit par : Christophe | 12.04.2007
Excusez moi pour les fautes de frappes, j'étais préssé !
Ecrit par : Christophe | 12.04.2007
Que dire de plus Christophe ... le niveau de ce blog et l'argumentaire est tellement affligeant que j'ai de la peine pour ceux qui rédigent ces notes indigentes...
Pour info le bilan de Sarkozy mis en ligne plus haut par tous avec Sarko est assez éloquent...
Sinon je vais faire une réponse politicienne pour un commentaire politicien...Quand vous parlez de "Faire du neuf avec du vieux" de qui parlez vous ?
Parce que si on se fie au ralliement à sarkozy à commencer par Gilles de Robien, Simone Veil, Raymond Barre, ou même bientôt VGE on peux dire qu'il y a eu un sacré vide grenier à l'UDF dont le bénéficiaire est l'UMP !
Comment compte gouverner Bayrou ?
hé bien avec nous des gens de droite de gauche et du centre hors des appareils comme il y en a tant. Est il vraiment nécéssaire de citer les Jean François Bourlanges, les Maurice Leroy, les Hérvé Morin les Jean Christophe Lagarde. La liste est longue.. mais je préfère vous parler de ce qui se passe sur le terrain et qui vous dépasse !
Qu'un ancien délégué de l'UMP soutienne sur le terrain ma campagne (candidat UDF aux législative) alors que ma suppléante est une militante socialiste ça vous bouche un coin !
Oui c'est possible avec un minimum de bonne volonté et à condition de ne aps concentrer le pouvoir comme l'a fait l'UMP depuis 2002 de faire travailler ensemble des gens venant de l'UMP du PS, des verts ou tout simplement de la société civile.... C'est possible et vous n'avez pas réussit à le faire alors il fauit laisser la place qu autres de le faire à votre place !
Ecrit par : Farid | 12.04.2007








